28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 14:39

Groupe 2 auto

Groupe d'observation II

2011 - 4 éléments de 20, 26, 60 et 73cm d’envergure - dimensions variables - textiles divers sur extrudé

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 22:30

Les œuvres créées par Mai Tabakian apparaissent comme des objets hybrides. Bien que ne pouvant se définir à proprement parler comme des peintures, elles se présentent néanmoins en images picturales, en tableaux. Dans le même temps, la présence prégnante de la matière, du volume et de la structure, leur donne immédiatement une dimension sculpturale, voire architecturale. Objets hybrides, donc, aussi et surtout parce que le médium principal du travail de Mai Tabakian est le textile. On a remarqué, ces dernières années, un regain d’intérêt des artistes contemporains pour ce matériau aux multiples possibilités plastiques. A la manière d’un revival Arts & Crafts, dans la réhabilitation de techniques dites artisanales, on assiste à une incursion de la broderie, de la tapisserie, mais aussi du détournement ou d’une réappropriation du matériau textile dans la création contemporaine, dans laquelle s’inscrit assurément le travail de Mai Tabakian. Ici, cependant, il ne s’agit ni de broderie, ni de tapisserie, ni véritablement de détournement car le tissu est employé pour ce qu’il est : matière, couleur, texture. Le travail de Mai Tabakian pourrait s’apparenter à une sorte de marqueterie textile, le tissu étant embossé sur des pièces rondes de polystyrène extrudé.

L’artiste n’utilise pas le tissu comme une matière à coudre, à assembler comme un vêtement, autour d’un corps, fusse-t-il fictif, mais bien comme un medium pictural, par lequel couleurs, textures et éventuellement motifs s’apparentent à la palette du peintre. Pour elle, le tissu présente une grande richesse tant sur les plans plastique, chromatique, texturel, que dans ce rapport si particulier et sensuel au toucher, souvent ignoré dans la création plastique. Dans leurs épaisseurs, leurs formes pleines et rebondies, leurs sinuosités, les œuvres de Mai Tabakian donnent irrésistiblement envie d’en découvrir l’intime géographie sous les doigts.

Mais au-delà de cet intérêt formel, le choix de Mai Tabakian pour le tissu est sous-tendu des échos d’une histoire personnelle avec cette matière. Car si son travail renvoie d’emblée à la notion d’«ouvrage féminin», cette activité la rappelle à tout un univers lié à son enfance, entre sa grand-mère maternelle qui pratiquait la couture et l’y initia très jeune, et ses voyages au Viêt-Nam, dont elle est originaire, où elle fut fascinée, petite fille, par la profusion de tissus colorés, les vêtements chatoyants ou les soieries. On pense au rapport que peuvent avoir certains artistes comme Louise Bourgeois ou Annette Messager avec le tissu en tant que vecteur d’histoires de femme, de transmission de féminité, mais aussi de souvenirs et d’évocation de l’enfance, ramenant souvent à l’objet transitoire. Mais là où l’une ou l’autre de ces artistes se sont orientées vers une forme d’expressionnisme de l’introspection et de la mémoire, Mai Tabakian a choisi d’élaborer des compositions abstraites de formes, formes parfois organiques, parfois plus géométriques, parfois semblables à des paraboles mathématiques. Mais, le choix de ce rendu matelassé, comme un cocon ou un réceptacle protecteur, pourrait bien, tout en suggérant une manière de se protéger de trop en dire de soi, laisser émerger bien des hypothèses.

On devine alors, sous ces dehors formels et abstraits, une épaisseur existentielle, une émotion affleurant, des histoires et des réminiscences complexes qui ne se laissent pas envisager au premier regard, trop occupé à se perdre dans le labyrinthe et les contours sinueux des motifs formés par les applications de tissu.

Mai Tabakian évoque une « nécessité impérieuse », nécessité intérieure, d’assembler « compulsivement » dit-elle, les textiles, pour produire ses œuvres. Cette compulsion se manifeste dans l’aspect obsessionnel de formes souvent courbes, répétées à l’infini, sans début ni fin, ou comme dans un perpétuel recommencement, dans ces visions kaléidoscopiques et fragmentées mais obsessionnellement reconstruites, ou reconstituées. On l’imagine aussi dans le « faire », le travail à l’œuvre, qui évoque la minutie de la confection en couture, des « petites mains » penchées sur leur ouvrage. Cette fonction itérative constitue autant la preuve d’un esprit soucieux de régularité qu’une forme d’apaisement de l’âme dans l’activité. Les œuvres de Mai Tabakian, malgré les couleurs chatoyantes, gaies ou douces, glitter ou pastels, recouvrent sans doute bien de plus inquiétantes ou douloureuses réalités, sentiments ou pensées, comme une forme de lutte contre une cruauté dont nous ne savons pas tout.

Ainsi, « Le grand mystère » (2011) montre autant d’étranges cloques, malformations ou organismes en gestation, que de délicats volumes lisses et mystérieux. « Le noyau pneumatique » (2010), comme « La fusion » (2010) ou « L’éternel manège » (2010) semblent évoquer cet infiniment petit et mouvant qui gouverne la matière, insaisissable réalité organisée qui nous échappe et dont la science tente de maîtriser l’enchevêtrement primitif. « Sisyphe » (2011), dans son délicat contraste de rose et de rouge, apparait inquiétant et dévorateur, chair et sang. L’ambiguïté est manifeste.

Mai Tabakian parle de « propreté » dans la manière dont elle travaille, méticuleuse et presque, analyse-t-elle, « chirurgicale ». Comme souvent chez les artistes qui travaillent autour du textile, les notions de blessure, et de suture sont présentes : on y retrouve la double fonction du tissu qui protège et répare. Voici donc le geste qui fabrique -revit- la blessure et qui la soigne, la colmate, rend lisse ce qui fut déchiré. Il y a donc quelque chose de l’ordre d’une manière de transcender cathartiquement le négatif, transcender ce qui lui semble vil, ou écoeurant : une de ses oeuvres, « La route de la soie » (2010), montre, dans d’harmonieux tons pastels, les vers à soie qui, au Viêt-Nam, après avoir servi à la fabrication de la fibre, sont servis grillés au repas, et dont Mai, enfant, avait gardé un souvenir horrifié. Transcender les sources d’effroi et d’angoisse dans une expression tendre et esthétique, douce et simple, opaque et consistante, harmonieuse et mouvante, abstraite et suggestive, aspirante et impénétrable à la fois. Transformer la laideur en art. Retourner ce qui, dans l’organique, peut paraître impur, en essayant de rendre beau et apaisant ce même organique, qu’il se fasse géométrique ou qu’il soit délesté de sa dimension « intestinale », dans un subtil jeu d’entre-deux entre attraction et répulsion.

Dans cette perspective, Mai Tabakian soumet à notre regard un travail très soigné, très « fini », qui assume sa dimension décorative, avec ses motifs ornementaux gansés de tons contrastés, dont l’inspiration semble parfois puiser du côté des Arts Décoratifs, depuis les courbes de l’Art nouveau jusqu’aux motifs géométriques des années 70 en passant par l’orphisme « Art et Lumière » des Delaunay.

Le langage plastique de Mai Tabakian se développe aujourd’hui dans d’hypnotiques compositions de motifs de spirales (série des « Medusa ») et s’expérimente dans l’approche d’objets à dimension plus évidemment sculpturale, étendue logique de l’hybridation de son travail. Embrassant ainsi des pans de l’histoire de l’art, elle construit dans le même temps sur ces fondations son propre langage et ses propres préoccupations plastiques et esthétiques, mais aussi, donne mystérieusement figure à son histoire intime.

Marie Deparis-Yafil

Critique d'art et curateur

Mars 2011

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:41

Groupe 1 auto

Groupe d'observation I

2011 - 4 éléments de 20, 40(x2) et 87cm d’envergure - dimensions variables - textiles divers sur extrudé

 

I detail 1I detail 2

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 09:21

 

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Cette installation se compose de 16 éléments dont le motif, réalisé à l'aide d'un spirographe, rappelle celui d'un noyau atomique.

Ces 16 éléments sont présentés par groupes de 4, de tailles et couleurs à chaque fois différentes, les quatre groupes ainsi formés deviennent des groupes d'observation, des « focus groups ». Il s’agit de regarder ce qui se passe entre eux et d'identifier les combinaisons possibles.

Librement inspirée du roman de Goethe « Les affinités électives » et de l'expression « avoir des atomes crochus » qui nous vient des philosophes atomistes grecs Démocrite et Epicure, cette installation met en image l'analogie entre les attirances amoureuses qui font et défont les couples et les opérations chimiques qui règlent les liaisons et les précipitations des substances chimiques. L'affinité devient loi de la nature produisant aussi bien ses effets en chimie que chez les êtres vivants.

Par ailleurs, le jeu des couleurs proposé dans cette installation fait également référence au « Traité des couleurs » de Goethe qui, avec sa théorie des couleurs opposées, contrairement à la théorie trichromatique, prétend qu'il existe quatre couleurs fondamentales qui s'opposent deux par deux et fonde donc sa théorie sur la polarité des couleurs, développant son système à partir du contraste naturel entre le clair et le foncé.

Cette installation illustre par ses contrastes colorés un des principes de Goethe : fonder la notion de couleur sur l'expérience sensorielle spontanée, révélatrice d'une démarche intérieure.

Enfin, avec cette nouvelle proposition, je continue à creuser l'ambigüité, le jeu d'entre-deux récurrent dans mon travail entre attraction et répulsion, séduction et danger, microcosme et macrocosme.

 

Mai Tabakian (octobre 2011)

 


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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:29

 

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COMMON GROUNDS OR ELECTIVE AFFINITIES 

This wall installation consists of 16 elements with a pattern drawn with a spirograph is a reference to theatomic nucleus. 

The 16 elements are presented in groups of 4, with different sizes and colours, each group representing an observing entity or focus group. We are supposed to look at their interaction and recognize their potential combinations. 

This installation is a visual representation of the analogy between love attraction making and undoing couples and the chemical operations that govern the links and precipations of chemical substances.

Affinity becomes the law of nature, producing reactions in both chemistry and living creatures. It is loosely inspired from Goethe’s novel "Theory of Colours" and the expression "to have common grounds or hooked atoms" coined by the Greek atomist philosophers Democritus and Epicurus. Furthermore, the colour arrangement shown in this installation also refers to Goethe’s "A Theory of Colours".

Goethe’s theory of colour polarity, the opposite of the trichomatic theory, is based on 4 basic colours, in 2 groups of 2 and the natural contrast between lightness and darkness.


This installation illustrates one of the principles outlined by Goethe: the notion of colour arises from a sensuous, spontaneous and revealing innner reflection.
 

Finally, this new project allows to pursue the ambiguity of the dual game reccurently appaearing in my work, between attraction and repulsion, seduction and danger, microcosm and macrocosm.

 

Mai Tabakian (october 2011)

(Translation Esther G. Freifeld)

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 10:19

article artsthree

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 08:39

sacre et route CHIC

Premier plan : Le sacre du printemps. Mur du fond : La nouvelle Route de la Soie.

 

vue expo CHIC 1

Accrochage en cours. De gauche à droite : Gabriel Léger, Gilles Rocchia, Mai Tabakian.

vue expo CHIC 2

Vernissage. De gauche à droite : Gilles Rocchia, Mai Tabakian, Agnès Baillon.

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 07:16

chic art fairStand A11 - Mathilde Hatzenberger Gallery

Vernissage le 20 octobre

Du 21 au 24 octobre 2011

Cité de la Mode et du Design - Paris

34 Quai d'Austerlitz - 75013 PARIS

 

La nouvelle Route de la Soie Detail 1Le sacre du printemps Detail 1

Pour plus d'informations / More infos : www.chic-today.com

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 21:38

Mai Tabakian’s creations appear to be hybrids. Although they cannot exactly be described as paintings, they look like pictures. At the same time, the striking presence of matter, volume and structure immediately gives them a sculptural, or even architectural, dimension. So, they are hybrids mainly because of the use of fabric as the main medium in Mai Tabakian’s work. These last years, contemporary artists have noticeably showed a renewed interest in this material and its multiple plastic possibilities. Like for an Arts & Crafts revival, in the rehabilitation of “crafts”, we are witnessing embroidery, tapestry work and also an appropriation or reappropriation of textile material making a foray into contemporary creation, to which Mai Tabakian’s work definitely belongs. However, in this case, we are not dealing with embroidery, tapestry work or appropriation per se because fabric is used for what it is: material, colour and texture. Mai Tabakian’s work might have things in common with a kind of textile marquetry: fabric is embossed on round parts of extruded polystyrene.

The artist does not use fabric as a material to be sewn or to be pieced together around a body, even a fictitious one, but really as a pictorial medium whereby colours, textures and motifs might have things in common with the painter’s palette. To her, fabric is highly rich on plastic, chromatic and textural levels as well as in its peculiar and sensual relation to the sense of touch that is often disregarded in plastic creation. Mai Tabakian’s works, their layers, their lines, full and round, and their curves irresistibly prompt us to sense its intimate geography with our fingertips.

Beyond this formal interest, Mai Tabakian’s choice to use fabric is reminiscent of an underlying personal story related to this material. Because if her work immediately refers to the concept of needlework, this activity reminds her of her childhood’s universe: on one hand, her maternal grandmother who used to sew and introduced her to it at an early age and on the other hand, her travels to Vietnam, her native country, where, as a young girl, she was fascinated by the abundance of coloured fabrics, shimmering clothes or silk. It reminds us of the link that some artists like Louise Bourgeois or Annette Messager might have with fabric as a vehicle for women’s stories and the handing on of femininity but also for childhood memories and its evocations, often bringing us back to the transitional object. But where either of these artists tends towards a sort of expressionism rooted in introspection and memory, Mai Tabakian has chosen to create abstract compositions of shapes, which are sometimes organic, sometimes more geometric, sometimes similar to parabolas. But choosing this quilted rendering, like a cocoon or a protective receptacle could let come to light a lot of hypotheses while suggesting a way to prevent yourself from revealing too much.

So, beneath formal abstract appearances, we are guessing an existential depth, a rising emotion, complex stories and reminiscences that do not allow to be revealed at a glance, a glance too busy getting lost in the maze and the twists and turns of motifs created by appliqué.

Mai Tabakian mentions a “pressing need,” an inner need to “compulsively”, as she puts it, put together fabrics to create her works. This compulsion shows itself in the obsessional aspect of shapes which are often curved, repeated ad infinitum, without beginning or end, or constantly repeating themselves, in these fragmented, yet obsessively rebuilt or recreated, kaleidoscopic visions. It can also be pictured in the “making, ” the work in progress that evokes the meticulousness of the clothing industry, of seamstresses bent over their work. This iterative function is the evidence of a mind caring about regularity as well as a kind of soothing of the soul while at work. In spite of colours that are shimmering, bright or soft, glittery or pastel, Mai Tabakian’s works must hide more frightening or painful realities, feelings or thoughts, evoking a kind of struggle against cruelty about which we don’t know everything.

So, “Le grand mystère” (The Great Mystery) (2011) shows weird blisters, deformities or gestational organisms as well as mysterious, delicate and smooth volumes. “Le noyau pneumatique” (The Pneumatic Nucleus) (2010) and “La fusion” (The Fusion) (2011) or “L’éternel manège” (The Eternal Merry-go-round) (2010) seem to be reminiscent of this shifting infinitely small that rules over matter, this intangible and organized reality that eludes us and of which science tries master the primitive confusion. “Sisyphe” (Sisyphus) (2011) and its delicate contrast between red and pink, flesh and blood, looks frightening and devouring. Ambiguity is obvious.

Mai Tabakian talks about “neatness” concerning the way she works, meticulously and almost surgically as she puts it. As is often the case with artists working with textile, the concepts of wound and suture are involved: the dual function of fabric -protecting and mending- is found. So here is the gesture that makes-and revives-the wound and that cures, fills up, smoothes out what has been torn. There is indeed something belonging to a cathartic way to transcend negativity, to transcend what is vile or sickening: one of her works “La route de la soie” (Silk Road) (2010) displays, in harmonious tones, silkworms that, in Vietnam, are grilled and served to eat after having been used to make the fibre and of which Mai had kept a horrified memory as a child. To transcend the origins of dread and distress via an expression which is both tender and aesthetic, gentle and simple, opaque and solid, harmonious and changing, abstract and evocative, sucking in and impenetrable. To transform ugliness into Art. To reverse what could been seen as impure in the organic and trying to make it beautiful and soothing, whether it become geometric or it relieve itself of its “intestinal” dimension in a subtle game in-between attraction and repulsion.

From this point view, Mai Tabakian lays before us a very careful work, very “finished,” that bears its decorative dimension and its ornamental motifs braided with contrasting shades, whose inspiration seems to be drawn from Art Deco, from the curves of Art Nouveau to the 70s geometric motifs, including the Delaunays’ “Art et Lumière” Orphism.

Mai Tabakian’s plastic language is now developing via hypnotic compositions made of spiral patterns (Medusa series) and is practising her approach to objects with a more obvious sculptural dimension, logical continuation of the hybridisation of her work. Thus taking parts of the Art History, she is building her own language and at the same time her own plastic and aesthetic concerns on these foundations but also mysteriously gives life to her personal story.

Marie Deparis-Yafil

Art critic and curator

March 2011

(traduction: Clémence Simon)

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