6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 08:52
Mai Tabakian, une artiste singulière - article d'Aurore t'Kint pour le site Mu-intheCity

La galerie Mathilde Hatzenberger présente l’œuvre singulière de l’artiste française Mai Tabakian. Le mot singularité n’est pas choisi au hasard comme un terme typiquement emprunté pour décrire un travail artistique émergeant du lot… Il est ici porteur de tout le sens que l’artiste donne elle-même à sa création : archaïque, hors norme, archétypale. La dualité explorée par Mai Tabakian est d’abord sémantique, entremêlant les significations et les références faisant naître un dialogue entre l’Orient et l’Occident : les signifiants asiatiques et leurs traductions européennes. Les œuvres sont abstraites et empruntées au Pop art, mais en dépassant les premières références à notre histoire de l’art, on voit émerger un chapeau traditionnel vietnamien dans les cônes. Moins esthétique, et plus philosophique, on perçoit soudainement la spirale et tout ce qu’elle évoque en nous. Celle du temps qui s’écoule comme le rappelle la pelure du citron dans les natures mortes du 17ème ? Le temps cyclique, hellénique, cosmogonique de notre culture gréco-romaine.

Le mythe est un élément central chez Mai Tabakian. Les mises en abîmes propres à nous faire réfléchir sur nous, notre condition, sont présentes dans l’œuvre Flying Targets. Est-ce comme certains l’expriment une tour de Babel ? Un trou noir aspirant ? Est-ce que la singularité s’y trouverait en son centre ? Ou bien est-ce ce moment de calme extraordinaire au cœur de la tornade ? Terme cher à l’astronomie, la singularité est une région de l’espace où rien ne peut échapper à la gravité. Gravité de notre condition de mortel ? L’entrée du vivant et de l’organique dans ces compositions singulières est essentielle pour respecter l’harmonie : le yin et le yang, le dyonisiaque et l’apollinien, le pulsionnel et le cérébral, chaos et cosmos. Mai Tabakian n’oublie pas pour autant l’humour ! Les titres données à ses œuvres sont plein de tendre dérision sur la gravité de la vie sur terre qui n’est que poussières d’étoiles dans un univers infini. C’est l’équilibre permanent du temps, qui selon Aristote, n’est ni demain, ni hier, ni aujourd’hui car sans cesse en mouvement. Le dessin est le fil, acte créateur et féministe en hommage à Louise Bourgeois ou Niki de Saint Phalle. Une belle œuvre à décortiquer au Rivoli Building.

Aurore t'Kint

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 08:23

« Singularité s’attache à la tension entre universel et singulier. Elle s’intéresse aux modes particuliers d’incarnation des singularités. » Mai Tabakian

Flying Targets - 2015 (Détail)

Flying Targets - 2015 (Détail)

Singularité - exposition personnelle du 20 avril au 14 mai 2016 - Mathilde Hatzenberger Gallery, Bruxelles (Belgique)

Vernissage le mercredi 20 avril 2016 de 18h à 21h

Mathilde Hatzenberger Gallery

Rivoli Building / espace #21b à l’étage

Chaussée de Waterloo, 690

Entrée Rue de Praetere face au n°43

1180 Bruxelles / Belgique

Tel +32 (0)478 84 89 81

OUVERT du jeudi au samedi de 13 à 18h et sur RDV

www.mathildehatzenberger.eu

>> Lire le texte de Céline Poizat :  Singularité

 

>> Télécharger le dossier de presse :

Dossier de presse Singularité Mai Tabakian 2016

>> Télécharger le carton d'invitation :

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Published by Mai
11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 15:12

« Singularité s’attache à la tension entre universel et singulier. Elle s’intéresse aux modes particuliers d’incarnation des singularités. »     Mai Tabakian

 

Singularité - Texte de Céline Poizat

La singularité est paradoxale. Synonyme du terme « original », la singularité semble être à la fois « à l’origine de toute chose » et « différente de la norme ».

C’est cette dualité qu’explore Mai Tabakian, au travers d’une œuvre complexe, qui entremêle les signifiants et les références. Une œuvre unique, avec des spécificités tant techniques qu’esthétiques, qui tranche dans le paysage de l’art contemporain et invite à visiter de nouvelles frontières. « Singularité » est une invitation au voyage.

Mai Tabakian crée des œuvres singulières qui mettent en dialogue par le biais d’un langage fait de signifiants asiatiques et de signifiés européens; à l’image de l’œuvre

« Flying Targets », sorte de tour de Babel contemporaine, héritée tant du constructivisme que de l’op art. Les formes coniques de l’œuvre agencées en spirale, qui rappellent les chapeaux traditionnels du Vietnam, abordent des concepts helléniques, tels que le temps cyclique, le cosmos et les cosmogonies ; autrement dit, des fondamentaux pour les sociétés occidentales..

Singularité - Texte de Céline Poizat

Comme chez les Grecs, le mythe se mêle aux mathématiques dans l’œuvre de Mai Tabakian. Les cibles de « Flying Targets » sont une mise en abîme de la spirale de l’œuvre. Elles semblent comme aspirées par un invisible trou noir, au centre duquel se trouve la « singularité », selon les termes scientifiques de l’astronomie.

La singularité est le point infinitésimal où est concentrée toute la matière de l’étoile ; ou pourrait-on dire de « L’étoile noire », cette œuvre forte de l’exposition, qui domine l’ensemble des « Nucleus ».

Singularité - Texte de Céline Poizat

Autour de la singularité se trouve « l’horizon des événements », une région de l’espace où rien ne peut échapper à sa gravité, pas même la lumière. Une région mouvante et aspirante qui nous captive, qui nous hypnotise et nous amène, tel un cycle cinétique perpétuel à la spirale de « Spectrum Invaders ».

Singularité - Texte de Céline Poizat

L’entrée de l’être vivant dans ce travail jusqu’alors organique n’a rien d’étonnant. Il est un contrepoids nécessaire pour traiter le concept de singularité, qui sous-tend l’ensemble des œuvres présentées. Car la singularité est un paradoxe, une réconciliation des opposés, un équilibre. Il est assez étonnant de constater que cet équilibre est tout à la fois présent dans les cultures asiatiques, le yin et le yang, et dans la culture occidentale, le « dionysiaque » et « l’apollinien »**. Le vivant lui-même est singulier, dans cette œuvre, car il se présente paré de ses milles couleurs, sous le signe de la noirceur du bestiaire. Mais loin d’en faire un sujet sérieux, l’artiste préfère aborder avec humour le sujet du vivant et ce qu’il dit de l’humain. Chez Mai Tabakian, le virus est fascinant, à l’instar des « Nucleus », et le vivant tourné en dérision. « Hannibal m’a tué », « Mon chant du cygne » et « Le grand saut », autant d’œuvres dont l’humour grinçant parle du tragicomique de la vie sur terre : du champ d’honneur dénué de sens, à l’obsession de l’ailleurs, en passant par la nécessité de créer malgré la fatale issue de la vie.

En littérature, la « singularité » c’est l’être au monde de l’auteur, c’est cette permanence qui le rend tout à la fois en rapport avec le monde et hors du monde. Cette singularité s’incarne dans le style*. Le style dit à la fois tout du monde, tout d’un monde, et tout de l’impossible compréhension globale du monde. D’aucun pense souvent que le style se donne à voir immédiatement. Mais ici, le « style » est un mystère. Le fil ne tisse pas l’œuvre, il ne joue pas un rôle de l’ombre entre les étoffes, mais il s’affirme comme le trait du dessin, comme acte créateur, visible, existant à part entière.

L’œuvre de Mai Tabakian est aussi singulière en ce sens qu’elle affirme un acte d’existence, un féminisme assumé, sans en faire pour autant un sujet à traiter. Sa technique spécifique, son traitement du tissu et son usage du fil, son goût pour l’éclatement des couleurs est un langage de la singularité féminine dans la création, notamment contemporaine, qui n’est pas sans rappeler les œuvres de Louise Bourgeois ou de Nikki de Saint Phalle. Dès lors que l’on a posé cela, il ne peut être anodin que la fleur, la rosace, le cercle et le cycle soit des figures omniprésentes du travail de l’artiste.

Les œuvres de Mai Tabakian sont des litotes complexes du monde. Elles disent le « tout », elles disent l’universel, par la singularité; c’est à dire l’unicité, l’étrangeté aussi, l’affirmation d’être en tout cas.

Céline Poizat

Mars 2016

** Naissance de la tragédie, F. Nietzsche

*Singularité et sujet, une lecture phénoménologique de Proust. Roland Breeur

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 09:52
Garden Sweet Garden  (Photo : Galerie Biesenbach)

Garden Sweet Garden (Photo : Galerie Biesenbach)

(Photo : Galerie Biesenbach)

(Photo : Galerie Biesenbach)

Au centre, Garden Sweet Garden. Aux murs, peintures d'Olivier Masmonteil (Photo : Galerie Biesenbach)

Au centre, Garden Sweet Garden. Aux murs, peintures d'Olivier Masmonteil (Photo : Galerie Biesenbach)

(Photo : Galerie Biesenbach)

(Photo : Galerie Biesenbach)

Au premier plan, Série "Nucléus". Au Mur, Olivier Masmonteil. En vitrine, Garden Sweet Garden. (Photo : Galerie Biesenbach)

Au premier plan, Série "Nucléus". Au Mur, Olivier Masmonteil. En vitrine, Garden Sweet Garden. (Photo : Galerie Biesenbach)

Série "Nucleus" (2015) - vue d'ensemble (Photo : Galerie Biesenbach)

Série "Nucleus" (2015) - vue d'ensemble (Photo : Galerie Biesenbach)

Série "Nucleus" (2015) - vue d'ensemble (Photo : Galerie Biesenbach)

Série "Nucleus" (2015) - vue d'ensemble (Photo : Galerie Biesenbach)

Vues d'expo "Paris 2.0" – A group show - jusqu'au 16/01/2016 - Galerie Biesenbach - Cologne (Allemagne)
Vues d'expo "Paris 2.0" – A group show - jusqu'au 16/01/2016 - Galerie Biesenbach - Cologne (Allemagne)
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 09:50
"In Paris geliebt", article de Heidrun Wirth à propos de l'expo "Paris 2.0" à la Galerie Biesenbach, paru dans le Kölnische Rundschau (novembre 2015)
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