12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 08:12

logo alternatif artDécouverte lors de la Chic Art Fair en octobre 2011, représentée par MH Gallery (Bruxelles) et revue en février à Miniartextil de Montrouge, l’œuvre de Mai Tabakian a été tel un coup poing en pleine figure !

L’élément premier, le Tissu.

 

Matière de tous les possibles pour Mai Tabakian qui vient non pas sans contrainte l’apprivoiser, pour mieux habiller, recouvrir, revêtir et protéger un corps, une forme.

Son geste quasi chirurgical fend, coupe, incise, tranche la matière morceaux par morceaux, textures par textures, pour ensuite venir rassembler, réunir, cicatriser et cautériser ces peaux.

Les bouts à bouts prennent forme et viennent de manière prolifique envahir l’espace qu’il soit mural, au sol ou suspendu… angoissant parfois malgré la force de sa palette colorée « tissuale ».

 

Mai Tabakian, pourriez-vous nous dire comment vous en êtes arrivée à choisir le tissu comme matériau de prédilection ?

J’ai toujours eu une relation très forte, presque charnelle avec le tissu, avec des souvenirs qui remontent à l’enfance quand le toucher est primordial. Ce médium permet aussi de s’immerger dans la couleur, de la toucher, il fait office de seconde peau et surtout il recèle d’immenses possibilités plastiques. Mat, brillant, irisé, satiné, transparent, il est inépuisable et n’a rien à envier aux autres matériaux.

 

Vous dites que vous utilisez la couleur des tissus comme une palette de peintre, qu’entendez-vous par là ?

Il est vrai que je dis souvent que je peins avec des tissus et j’emploie souvent le terme de palette lorsque je parle des couleurs utilisées dans mes pièces.

Dans mon travail, les textiles ne sont d’ailleurs jamais cousus, ils sont déposés par petites touches sur ce qui me sert de toile. La référence à la peinture est souvent présente dans mes pièces.  Mais pour ce qui est du geste, il relève plus de la sculpture, j’incise le support, je le façonne, je contrains manuellement le tissu à prendre la forme désirée, la main est très sollicitée pour sa précision comme pour sa force.

 

Dans votre travail, nous sommes toujours à la lisière de l’esthétique (attraction) et la torpeur (répulsion) face à vos œuvres, comment expliquez-vous cet entre-deux sous tensions, je vous pose cette question car j’ai en mémoire « La nouvelle Route de la Soie » et « Le sacre du printemps » ?

Ce jeu entre attraction et répulsion est effectivement récurrent dans mon travail.

Dans « La nouvelle Route de la Soie », le motif du cocon, déjà utilisé dans d’autres pièces, illustre bien ma fascination un peu morbide pour les mystères organiques, l’intestinal, le vivant dans ce qu’il a de plus inquiétant. Il me vient directement de la stupéfaction un peu horrifiée que j’aie ressentie, enfant, au Viêt-Nam où j’ai pu assister au processus de fabrication de la soie, les cocons ébouillantés, le fil que l’on déroule, entre émerveillement et dégoût. Ce motif me permet aussi d’évoquer une réalité plus globale. Les cocons, comme enrobés de pétrole, symbolisent la nouvelle donne des échanges économiques liés à cette « précieuse » matière première.

Hommage aux nombreuses chorégraphies nées de la musique de Stravinsky, plus particulièrement celles de Pina Bausch et Angelin Prejlocaj, « Le sacre du printemps » est une ode au cycle éternel de la vie dans ce qu’il a de plus cruel, un sacrifice initiant toujours le renouveau de la nature. Les couleurs les plus vives fleurissent sur la boue.

 

Le tissu recouvre tout un monde imperceptible à l’œil, que nous cachez-vous ou nous suggérez-vous ?

Le tissu a toujours eu une fonction protectrice, il cache aussi ce qu’on ne veut pas montrer, il instaure un mystère. Dans la mesure où mon travail relève de l’abstraction, le tissu est un allié idéal pour insuffler vie à mes pièces, provoquant le désir de toucher les formes et volumes ainsi créés tout en instillant des sentiments contradictoires allant de la séduction à l’angoisse.

Bientôt vous exposez avec Olivia Barisano à la MH Gallery à Bruxelles pour l’exposition Human Condition, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur l’œuvre « Atomes crochus ou les affinités électives » que vous présenterez à cette occasion ?

Cette installation se compose de 4 ensembles de 4 éléments que je présente comme des groupes d’observation. Dans chaque groupe, le jeu consiste à regarder ce qui se passe et à identifier les combinaisons possibles, les affinités.

Librement inspirée du roman de Goethe « Les Affinités électives » et de l'expression « avoir des atomes crochus » qui nous vient des philosophes atomistes grecs Démocrite et Epicure, cette installation met en image l'analogie entre les attirances amoureuses qui font et défont les couples et les opérations chimiques qui règlent les liaisons et les précipitations des substances chimiques.

Les jeux de contrastes colorés font également référence au « Traité des couleurs » de Goethe qui, avec sa théorie des couleurs opposées, contredit la théorie trichromatique et fonde la notion de couleur sur l'expérience sensorielle spontanée, révélatrice d'une démarche intérieure.

Avec cette nouvelle proposition, je continue mon exploration des liens entre microcosme et macrocosme, entre le dedans et le dehors.

 

>>> Aller directement sur alternatif-art.com

 



 

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Published by Mai
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:15

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2012 - 20x20x20cm - Textiles divers, ouate sur polystyrène extrudé

 

Cette pièce sera exposée dans le cadre de MiniArtextil 2012, exposition internationale d'art contemporain, avec pour thème "AGORA" (Association Arte&Arte - Villa Olmo à Côme - Italie) - http://www.miniartextil.it/

Dans cette sculpture qui représente une sphère amputée d'un quart, un éventail de rayons multicolores se déploie, comme la queue d'un paon cherchant à séduire, devant son auditoire, symbolisé par un hémicycle, moitié de cible rouge et blanche.

This sculpture depicts a sphere, with one quarter sectioned away, within whixh multi-coloured rays fan out and display themselves like a peacock's tail, seeking to seduce the onlooker, who is symbolised by a hemicycle, a bisected red and white bullseye.

 


 

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Published by Mai - dans Sculptures
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 12:44

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Les questions de FAD (version française)

1.Si vous n'étiez pas une artiste, que seriez-vous ? 

Probablement un cuisinier ou une chorégraphe. Je suis totalement fascinée par le travail des grands chefs et je suis accro à la danse contemporaine, comme spectatrice bien sûr. Les deux sont d’ailleurs une grande source d’inspiration pour moi.

2. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre travail et les idées principales que vous souhaitez exprimer ?

Au départ, il y a le tissu, la découverte des immenses possibilités plastiques de ce matériau fonctionnel par essence, qui habille, protège, recouvre.

Et une nécessité impérieuse : la fragmentation et l'assemblage compulsif et obsessionnel de textiles.

Le geste est aussi très important car pour fabriquer, avant de combler, il faut fendre, inciser le support pour remplir, colmater la blessure avec le tissu, le travail est propre, le geste méticuleux, quasiment chirurgical.

Mon travail relève de l'abstraction et se concentre sur des compositions aussi bien géométriques qu'organiques et de plus en plus, je mélange les deux.

Mon propos est de rendre attirantes les choses qui nous font peur (cf. “La nouvelle Route de la Soie”, “The Wall”...).

J'explore aussi le lien entre microcosme et macrocosme.  Je choisis de cultiver cet entre-deux, ce jeu entre attirance et répulsion. 

Les textiles m'aident à insuffler la vie dans mes pièces en provoquant l'envie de toucher les formes et les volumes tout en instillant des sentiments contradictoires entre séduction et angoisse.

3. Comment débute votre processus de travail ? 

Le processus de création démarre toujours de façon inattendue, comme par surprise.  Une chanson qui me touche, un souvenir qui ressurgit,  je démarre toujours à partir d’une sensation que j’essaie de transposer visuellement.

4. Considérez-vous le spectateur lorsque vous travaillez ?

Je suis ma première spectatrice et ma priorité quand je travaille est d’obtenir un résultat qui me satisfasse mais je n’oublie jamais que mon travail est destiné à être vu par d’autres. J’aime beaucoup l’incertitude que représente la réaction du spectateur, comment va-t-il recevoir mon travail ? Sera-t-il séduit ou au contraire dégoûté ? Réussira-t-il à découvrir ce que j’ai caché ?  Le fait de penser au spectateur final m’aide aussi à mieux comprendre ce que je fais, cela me force à l’analyser, à prendre du recul.

5. Nommez 3 artistes qui ont inspiré votre travail ?

Le choix est difficile car mes goûts sont très éclectiques mais je dirai Hokusai, Francis Bacon et Frank Stella, de grands artistes très différents dans leurs personnalités et l’appréhension de leur travail.  Pas directement pour l’inspiration mais pour m’avoir donné envie de devenir artiste.

6. Citez vos 3 derniers artistes favoris.

Je citerai plutôt les 3 dernières expositions qui m’ont marquées ces derniers mois : Infinity de Chiharu Shiota à la Galerie Templon, la rétrospective de Yayoi Kusama au Centre Pompidou, Leviathan d’Anish Kapoor pour Monumenta 2011 au Grand Palais.

7. Qu'est-ce qui définit une oeuvre d'art ?

Telle est La Question !

Les marqueurs identitaires traditionnels de l’œuvre d’art ont été remis en question il y a longtemps (Merci Duchamp !) et je trouve très difficile d’en faire une définition correcte et exhaustive.

L’artiste ne peut décider seul que ce qu’il a fait est une œuvre d’art, la définition, la qualification d’un objet en œuvre d’art passe par le regard des autres. En définitive, les œuvres d'art n'ont aucune autre définition que celle que veut bien leur attribuer le récepteur.

8. En ces temps d'austérité, pensez-vous que l'artiste a actuellement une obligation morale de répondre (réagir) ?

A mon sens, la seule obligation morale qui incombe à l’artiste est la sincérité.  A part cela, je ne crois pas qu’un artiste puisse se sentir obligé à faire quoi que ce soit. Cependant, il est évident que chaque artiste est le produit de son époque, de son environnement. Ses propositions, ses œuvres sont toujours influencées par ce qui l’entoure, que ce soit par les technologies mises à sa disposition ou l’actualité mondiale. En effet, même si son travail ne comporte pas de critique ou d’engagement politique, social, l’artiste part toujours d’une réalité, d’un constat, il témoigne de son époque.


9. A n'importe quelle époque, dans n'importe quel endroit, quel est l'artiste dont vous voudriez habiter le corps ?

Sans hésiter, Pina Bausch quand elle a créé sa version du « Sacre du printemps ».

10. Quel est votre "isme" préféré ?

Exotisme, quand il est défini comme "le charme de ce qui est inconnu".

11. Quelle est la chose la plus intelligente que l'on ait dite sur votre travail ?

Difficile pour moi de décider de ce qui est particulièrement intelligent mais voici une phrase que je trouve assez poétique : " Les œuvres de Mai Tabakian, malgré les couleurs chatoyantes, gaies ou douces, glitter ou pastels, recouvrent sans doute bien de plus inquiétantes ou douloureuses réalités, sentiments ou pensées, comme une forme de lutte contre une cruauté dont nous ne savons pas tout." (Marie Deparis)

12. Et la plus stupide ?

«Celui-là, tu devrais le faire dans une autre couleur. » 


13. Quels sont les artistes que vous admirez au point de vouloir les posséder (voire les voler) ?

Je n’ai aucune envie de faire cela !

14. Vous souciez-vous de ce que votre art coûte ? Expliquez vos raisons

Bien sûr que je m'en soucie, mais, que je vende ou non, je continue à créer, cela n’a aucun impact sur ma façon de travailler.  Je ne réfléchis jamais à ce qui pourrait être plus facile à vendre.

Le prix de vente est une donnée incontournable mais je retarde toujours le moment d’y penser, parce que cela m’ennuie beaucoup.

Ce qu’il y a d’étrange avec la notion de coût c’est que c’est à la fois un élément de valorisation de mon travail et en même temps quelque chose de très réducteur. Moi-même, je ne pense jamais au prix d’une œuvre d’art lorsque je visite un musée, un centre d’art ou même une galerie.

15. Si le MOMA, la Tate ou le Centre Pompidou voulaient acquérir une des vos pièces, que souhaiteriez-vous qu'ils prennent ?

Certainement des pièces que je n’ai pas encore réalisées, que je rêve de réaliser et que je réaliserais spécialement pour ces lieux !

16. Quelle est votre prochaine actualité ?

Ma prochaine exposition “HUMAN CONDITION” se tiendra à Bruxelles à la Mathilde Hatzenberger Gallery avec Olivia Barisano du 20 avril au 21 mai 2012.

 

>> Retrouvez toute l'interview en anglais sur Fadwebsite.

 


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Published by Mai
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 12:24

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FAD's Questions 

1.If you weren’t an artist, what else would you be?

Probably a cook or a choreographer. I’m totally fascinated by the work of the great chefs and a real addict of contemporary dance, as spectator of course. Both are moreover a big source of inspiration for me.

2. Can you tell us more about your work and what are the main ideas you would like to express?
First of all, there was the fabric, discovering the plasticity and endless possibilities of this basically functional material that clothes, protects, covers.

And an imperious need to compulsively and obsessively cut up and reassemble the material.

The gesture is also very important because to create, before making it whole, one must slit, cut into the support to heal the wound, fill it in with cloth; doing it is clean work, it is meticulous, almost surgical.

My work belongs to abstraction and I concentrate on both geometrical and organic compositions and more and more I mix them together.

My purpose is to make the things we are afraid of attractive (see “The new Silk Road”, “The Wall”…). I also explore the links between microcosm and macrocosm, inside and outside.
I have chosen to cultivate the in-between, the play between attraction and repulsion. Fabrics help me to breathe life into my work provoking the desire to touch the forms and the volumes while instilling contradictory feelings from seduction to anxiety.

3. How do you start the process of making work?
The process of creation always starts in an unexpected way, as by surprise. A song which moves me, a souvenir that re-appears, I always start out from a sensation which I try to transpose visually.

4. Do you consider the viewer, when making your work?
I am the first viewer and when I work my priority is to obtain a result which satisfies me.
But I never forget that my work is intended to be seen by others. I like the uncertainty which represents the reaction of the viewer: How is he going to receive my work? Will he be seduced or on the contrary disgusted? Will he manage to discover what I hid? To consider the final spectator also helps me to understand my work better, it forces me to analyze it, to stand back

5. Name 3 artists that have inspired your work?
It’s a difficult choice because my tastes are very eclectic so I shall say Hokusai, Francis Bacon and Frank Stella, great artists but really different in their personalities and works. Not always directly for the inspiration but to have tempted me to become an artist.

6. Name 3 of your least favourite artists.
I’d rather quote the three last exhibitions which really impressed me these last months : Chiharu Shiota’s Infinity at the Templon’s Gallery, the Yayoi Kusama’s Retrospective at the Pompidou Center, Anish Kapoor’s Leviathan for Monumenta 2011 at the Grand Palais.

7. What defines something as a work of art?
That is The Question!
The traditional identity markers of a work of art have been called into question long ago (Thank you Duchamp!) and I find it very difficult to give a correct and exhaustive definition of it.
The artist can’t decide on his own that he has created a work of art. The qualification of an object as work of art passes by the other people’s opinion. After all, works of art are only defined by the one who receives.

8. In times of austerity, do you think art has a moral obligation to respond topically?In my opinion, the only moral obligation which falls to the artist is sincerity. Beyond that, I don’t believe that an artist can be obliged to do anything. However, it’s obvious that every artist is the product of his time, of his environment. What he proposes, his works, are always influenced by what surrounds him, by the technologies he can use to create or by current events. Indeed, even if his work does not contain a political criticism or a social commitment, the artist always starts from a reality, he’s the witness of his time.

9. Anytime, any place – which artist’s body would you most like to inhabit?
Without hesitation, Pina Bausch when she created her version of « Rite of spring ».

10. What is your favourite ‘ism’?
Exoticism, when it is defined as “the charm of the unfamiliar”.

11. What was the most intelligent thing that someone said or wrote about your work?It’s difficult for me to decide what is particularly intelligent in the things people have said about my work, but here is a sentence I find quite poetical: “In spite of colours that are shimmering, bright or soft, glittery or pastel, Mai Tabakian’s works must hide more frightening or painful realities, feelings or thoughts, evoking a kind of struggle against cruelty about which we don’t know everything.” (Marie Deparis)

12. And the dumbest?
« This one, you should do it in another color. »

13. Which artists would you most like to rip off, sorry, I mean appropriate as a critique of originality and authorship?
I really don’t want to do that !

14. Do you care what your art costs? State your reasons!
Of course I do, but selling or not selling, I go on creating, it has no impact on my way of working. I never think about what could be easier to sell. The sale price is an inescapable datum but I always delay the moment to think of it, because it annoys me.

There is a strange paradox with the notion of cost, it’s an element of valuation of my work but also something very demeaning. Personally, I never think of the price of a work of art when I visit a museum, a center of art or even a gallery.

15. If Moma and the Tate and the Pompidou wanted to acquire one of your works each, which would you want them to have?
Certainly works which I have not realized yet, which I dream to realize and which I would realize specially for those places!

16. What’s next for you?
My next show “HUMAN CONDITION” will take place in Brussels at Mathilde Hatzenberger Gallery with Olivia Barisano from April 20th to May 21st 2012.

 

>> Link to Fadwebsite: Mai Tabakian answers FAD's questions

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Published by Mai
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:58

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2012 - environ 1m38 sur 2m80 - textiles sur extrudé

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Published by Mai - dans Installations

 

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